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Textes des chansons

Textes des chansons

Dans l'ordre de la playlist de chaque album.

Certaines poésies finissent en chansons, certaines musiques deviennent des poèmes. Parce qu’il est intéressant parfois de s’arrêter au texte et se dire qu’au fond la musique n’est qu’un décor, un écrin, la photographie d’un instant présent, un parti pris. J’ai toujours écrit, noté, cherché la bonne articulation, le sens juste. Parce que je crois que c’est ainsi qu’on trouve ce qui touche nos sensibilités, ce qui nous (re)lie. Dire et écrire ce que nous avons de beauté, d’émerveillements mais aussi de nostalgie et d’espoirs. Certains poèmes, certains textes s’imposent, finissent en chansons, d’autres attendent leur heure…
Cliquez sur l’image ci-à droite pour effeuiller les textes des chansons par album…
Ou alors parcourez cette page au gré des défilements.

Les années vaines

La mauvaise pente

Ce n’est pourtant pas la fin du monde si je quitte tes bras.
Mais parce qu’en une seconde tu es déjà très loin de moi.
Oh tu sais que même si la nuit tombe, pour autant je ne m’en irai pas !
Tu dis ca alors que tu vagabondes comme si je n’étais plus là.

Alors c’est la mauvaise pente que l’on dévale en cascade.
Les minutes décadentes de la désescalade.

Y a-t-il vraiment de quoi fouetter un chat parce que j’ai le frisson lunatique.
Et tout ce que tu écrivais avant ça devient pour le coup anachronique.
Il faut bien concéder que parfois vient la fin des heures féeriques.
Si c’est pour ce grand n’importe quoi, nul besoin d’envolées poétiques.

Alors c’est la mauvaise pente des absences en enfilade.
La mélodie dissonante, la dégringolade.

Oh tu sais que même si la nuit tombe, pour autant je ne m’en irai pas !
Tes belles paroles me confondent et je n’y crois pas.

Alors c’est la mauvaise pente que l’on dévale en cascade.
Les minutes décadentes de la débandade.

Amoureux

Je saurai que c’est toi
assise à la terrasse.
À tes lèvres une tasse
de café noir ou de thé.
J’aurai le cœur qui bat
devant les gens qui passent.
Je resterai en place
n’ayant plus l’âge d’oser.
Car le temps assassine les élans amoureux.

Je tirerai le drap
dans la nuit qui s’efface,
sur ta peau en surface,
n’osant te réveiller.
Je ne me plaindrai pas
ne voyant dans la glace
qu’une beauté fugace
qui s’enfuit à jamais
Car la vie nous destine à ne plus être amoureux.

Souffle, souffle.
Vole, vole.
Souffle le vent.
S’envolent les amours d’antan.

Puis on se reverra.
Ensemble de guerre lasse
par ces routes qu’on trace
sans jamais rien trouver.
Ce qu’on ne savait pas
chaque fois qu’on s’enlace,
remonte a la surface
le goût de s’embrasser.
Car la fin se dessine et on reste amoureux.

Souffle, souffle.
Vole, vole.
Souffle le vent.
S’envolent les amours d’antan.

Le phare

On ne voit plus le phare,
le feu qui nous guide,
éteint à nos regard
au bout de la digue.
Alors passer au large
des impasses côtières
indécelables,
au delà des barrières.
Alors on se perd, tu en dis trop.

On navigue a vue
sans amers et sans cap,
de notre bordée perdue
à notre route sans carte.
Le ciel sans étoiles, tu n’en dis rien.

Toujours chercher son phare,
recoudre les amarres.

Il y a qu’on ne conserve
que la ligne cotidale.
L’estran a basse mer,
à perte de vue les algues.
Les dangers sont les rêves
sans marques cardinales.
Le désert est partout et le grand large au bout.

À la merci des courants,
dérive la chaloupe.
La voie d’eau d’avant
calfatée à l’étoupe.
Tes cheveux dans le vent
et l’horizon absent.
Garder dans nos mains le trésor pour la fin.

Toujours chercher son phare,
recoudre les amarres.

L'Estompe

Je retourne marcher le long des berges
suivant la rivière a contre-courant.
Combien d’année encore à s’y reconnaître,
retrouver les empreintes d’avant.
Quelques images pourtant qui me reviennent :
Je t’aimais, qui s’en souvient ?
Des rues, des villes que je savais miennes,
de tout ça il ne reste presque rien.

Une trace qui s’estompe
comme nos souvenirs fondent.
Mais toi, tu étais mon étincelle
bien que personne ne s’en souvienne.

Les arbres ont refleuri sur le boulevard.
Que peut-il nous arriver de mieux ?
Puisque tout disparaitra dans les flammes
autant oublier tout ce qu’on veut.

Une trace qui s’estompe
comme nos liens viennent a se rompre.
Mais toi, tu seras mon étincelle,
ma mémoire résiduelle.

Elle entend la mer

Elle va vivre au bord de la mer
car les nuits y sont claires
et elle peut y rêvasser.
Elle s’installe vue sur le port
s’il en reste encore
ou une pêcherie abandonnée.
Elle patiente pour qu’avoisinent
les courants maritimes.
Là où il y a un estuaire
qui traverse les terres,
des eaux lagunaires.

Elle entend la mer…
Elle rejoint la mer…

Elle dort sous son étoile occidentale
tant que dure son voyage.
L’horizon pour s’y blottir
jusqu’à destination.
C’est un trajet sans aucune escale
La dernière traversée.
Pour un feu de paille
cerclé de murailles
jusqu’au falaises.

Elle entend la mer..

Elle vit au bord de la mer
et ses jours y sont plus clairs
et elle s’y est envolée.
Au temps de la lune et des marées
sur une île protégée…

Canon pour quatre saisons

S’allonger sur les rochers
Et reprendre un peu d’air
T’enlacer sous les peupliers
L’été coule au bord des rivières

À l’abri derrière un bosquet
S’enrouler dans la bruyère
Te découvrir dans la forêt
Et l’automne dans la clairière

S’effleurer sur les galets
Siroter le sel sur la pierre
T’emporter entre les marées

Se goûter avant l’hiver
Prendre ta main et plonger
S’éclabousser de concert
Au soleil, se laisser sécher
Le printemps au bord des gravières

Ne plus rien entendre est tout ce qu'il me reste

J’ai entendu pleurer des filles.
Elles n’existaient plus quand elles fermaient leurs bras.
Juste l’ire
qu’elles mâchaient jusqu’a plus soif.
Elles ne savaient plus qu’obéir,
marcher au pas omni diffusé.
Mécanique Mainstream.
Distraction robotisée.
Qu’un déclin brille sous ma porte,
que plus rien n’en sorte.
Ici tout est mort,
même les unicornes.
Ne plus rien entendre est tout ce qu’il me reste

Toi ma tendre, dans les chambres vertes,
attendant qu’elles se referment.
La cage vit de ta lanterne
qui m’éclaire jusqu’à l’éveil.
J’y voyais l’eau le ciel tes lèvres
et encore quelques plaies a vif.
Et à ce jour tout est clair :
Il n’est de songe qui existe.
Ne plus rien entendre est tout ce qu’il me reste

Qu’un reflet claque sous ma porte,
dans tes yeux m’emporte.
Ici tout est tendre,
même les unicornes
Ne plus rien entendre est tout ce qu’il me reste

Les escaliers du 18ème

Ô les nuits sauvages
aux images urbaines.
Revenu du sous-sol
Le son du métro.

Se noyer dans les méandres,
rivières souterraines.
Les ascenseurs du 18ème.

Les mauvais présages
des pluies diluviennes.
Les balcons d’où tout s’envole
quand vient le chaos.

Les perspectives minérales
de zinc et d’ardoise.
Canopée citadine
derrière les vitrines.

Et prendre la tangente
comme une aubaine.
Les ascenseurs du 18ème.

Chercher de nouvelles plages.
Suivre les sirènes
quand les vapeurs d’alcool
arrivent d’en haut.

Pieds nus sous les grilles,
les pavés dans la vigne,
à contremarche…

Attraper la rampe
jusqu’à la fontaine,
des escaliers du 18ème.

Sténopé

Je noircis des pages
de vers imparfaits,
vous en dessous des nuages
déclenchez le sténopé.
Vous êtes un visuel,
je suis un mot.
Fixation de pixels
sur pellicule photo.

A défaut de figures, user de feuilles de styles.
Le fac-similé sur papier stencil.
L’exemplaire unique, l’original
en impressions sur papier journal.

En quadrichromie
prête pour l’offset,
les règles de typographie
Effacées en cachette.
Vous êtes un poème,
je suis une planche contact
en CMJN,
sensible aux artefacts.

Faire défiler les brushes en filigrane,
sur a0 découvrir l’intégrale.
Fusionner le calque de détourage,
qu’on garde ou pas la mise en page.

Vous êtes une photographie
subliminale.
Je suis un écrit
en lettres capitales.
Le daguerréotype
originel,
prototypique
essentiel

Au fil de l'air

Si le temps le permet elle croit qu’on vole
Et pourtant on rejoint le sol
Fini le temps des esquives
Quand il suffisait de se suivre
Pour s’envoler…
Dernière route, le rêve de la soie
Karakorum un dernier soir
La ruée vers l’or, quelques épices
L’aventure au corps, un monde antique
À explorer…

Vivre un jour au fil de l’air.
Nager entre deux hauts
Battre le cœur tant qu’il est chaud
Vivre quand même au fil de l’air.

De mémoire elle cite des vers
Se souvient des théâtres de pièces anciennes
À terminer, à rejouer…
Quelques gestes didascaliques
Et quelques rêves d’aujourd’hui
Recommencer…

Vivre un jour au fil de l’air.
Nager entre deux hauts
Battre le cœur tant qu’il est chaud
Vivre quand même au fil de l’air

Avoir une vie légère.
Voler un peu plus hauts
Se sentir le cœur au chaud
Sur le chemin qu’on préfère

Le conte à rebours

Le conte à rebours
Et moi qui ne compte plus
Et tout se trouble
Car je ne te trouve plus
Après le vertige
On se précipite
Et, dans le silence
Je m’imagine tant de songes
Qui se désenchantent
À la fin du compte

Je ne suis plus entier
Chaque seconde à t’oublier
Et toujours s’éloigner

Le temps qui s’écoule
Blessé avant le décompte
Jouer à qui s’écroule
Chacun dans son monde
Car avant la chute
Des heures pour une minute

Que reste-t-il d’indéchiffrable
Quand on aime on ne sent pas
Les instants inséparables
L’horizon et le territoire

Il y aura d’autres pages à tourner
Il y aura d’autres rêves à brûler
Peut-être même encore à se manquer
Mais je garde cet acompte

Est-ce trop tôt ou trop tard
Le début ou la fin de l’histoire
Ici ou dans une autre vie
Ensemble dans un nouveau monde
Et je garde cet acompte
À la fin du compte

Appareillons

Appareillons

J’ai le soleil au bout du quai
Et la mer à l’horizon
Du sable sous les pieds
Et déjà le vent de front
Avant d’aller s’enterrer
Si l’on s’aime, appareillons

Tout ce qui t’entoure
Les vagues qui te frôlent
Le ressac et la houle
Out of control

J’ai la carte du ciel qui brille au cœur
La rose des vents pour partir ailleurs
À la prochaine marée, partons !

Alors on danse sur les fronts de mer
Comme un défi lancé aux éléments
C’est la pluie qui alourdit tes mèches
Qui tournent, tournent, tournent comme une rose des vents

Alors on frappe à coups d’épée dans l’eau
La lame émoussée retrouve soudain son éclat
Que la foudre et l’éclair rendent si beau
Qu’elle brille plus loin, plus loin qu’un diamant solitaire

J’en ai mon saoul des cons venus
Des obédiences
D’être toujours à contre-bord
J’veux du temps
De la distance
Si l’on s’aime, quittons le port

Tout ce que je retrouve
Les falaises dans le vent
Le ressac et la houle
Out of control

J’ai des amours qui brillent aux quatre vents
Des choses à vivre au bout des continents
On lâche tout et j’t’emmène !

Alors on danse sur les fronts de mer
Comme un défi lancé aux éléments
C’est la pluie qui alourdit tes mèches
Qui tournent, tournent, tournent comme une rose des vents

Alors on nage entre les lames de fond
On s’écorche l’âme sur les récifs à nu
Que la foudre et l’éclair rendent si beaux
Qu’ils brillent plus loin, plus loin qu’un diamant solitaire

La complainte du loup (qui n'est pas celui que l'on croit)

Je suis le loup sans langue de bois
Loup des steppes ou de mer
À pas feutrés au fond des bois
Ou au chaud dans ma tanière

Je ne veux faire peur à personne
Ni abuser les cœurs purs
Je ne mange pas les poules, ni les hommes
Ni ne hurle aux pleines lunes

Tout ce qu’on a écrit sur moi
N’a aucun fondement, crois-moi
En vrai, j’arrive à la fin
Pour que tout finisse bien

J’ai connu quelques louves avant toi
Louves d’un jour ou saisonnières
Je n’ai pas menti à chaque fois
Je suis un loup solitaire

Je ne veux faire de mal à personne
Ni faire miroiter l’impossible étoile
Je fais toujours mon maximum
Pour satisfaire les gentes dames

Mais ce qu’elles te disent sur moi
Est exagéré parfois
En vrai, je pars avant la fin
Pour que tout finisse bien

Ni Casanova ni carnivore,
Altruiste et philanthrope
Le loup est un homme comme les autres
Honnête, juste, droit dans ses bottes

Je n’suis pas l’méchant dans l’histoire
Petite fille, n’aie surtout pas peur
Je t’emmène de suite à la fin
Pour que tout finisse bien
Pour que tu t’endormes bien

Marins de terre

Moi j’entends, l’océan qui m’appelle
Moi je sens le relent des marées
À des kilomètres du sable mouillé
Moi je rends mon âme aux embruns
Marins de terre

J’ai vécu les pieds dans la poussière
Jusqu‘à ce que je n’entende chanter la mer
Elle était pure comme ma vie
Elle était belle comme mon ennui
Marins de terre

Alors je lève les voiles sur ma vie
Je lève l’ancre au dessus des champs de blé
Je m’envole au dessus des vallées
Moi je veux revenir aux embruns salés

Et même si les vents sont contraires
Moi je garderai le cap vers l’ouest
Je ferai front à toutes les tempêtes
Pour revenir aux embruns des marées

L'étang

Je me glisse parfois dans l’étang
Je m’y laisse couler
Loin du bruit des remords
Du temps perdu au dehors

Et, durant des heures, je m’enfonce
Dans les bras des algues, je m’allonge
J’y vois clair dans les eaux troubles
C’est ici que je te retrouve

Je commence ma descente
Peu à peu la lumière se dérobe
Dans les courants qui m’emportent
Je ne coule plus, je vole

C’est un siècle que j’abandonne
Une éternité que tu me donnes
Dans les reflets verts et or
Je me noie dans ton décor

Je ne t’ai pas trouvée dans les océans
Ni dans le vide des rivières
Encore moins un murmure dans le vent
Un souffle dans une averse

Et, lorsque mes doigts touchent la vase
Qui m’enveloppe dans un nuage
Je deviens une pierre qui affleure
Au fond de l’étang

Somewhere

Donne-moi juste une semaine
Pour desserrer la gorge
Que je m’enivre à l’oxygène
Que je perde le nord
Des nuits moites où je m’éveille
Dans les bruits de forge
Qu’on frappe à perdre haleine
Jusqu’aux aurores
Jusqu’à la mort

And it’s time now to sail somewhere
Where the wind always blows
Where the clouds always run
Where the sea’s whispering

J’ai si mal parfois
À me jeter contre les murs
À entendre des milliers de voix
Hurler leurs blessures
Frapper leurs armures

Et j’attends alors de voir
De longues landes de brume
De vastes tourbières d’espoir
Aux relents d’écume

Je resterai alors planté
Comme un pieu dans le sol
Regardant les pierres levées …Et la mer qui monte !

L'oeil de la sorcière

L’œil de la sorcière
Comme la muse qui me reste
La dernière cathèdre
Pour murmurer dans les cryptes
Nos histoires encore ouvertes
Et finir par les écrire
En sortant de nos rêves
Tout s’achève au réveil
Mais sur la tranche de ses lèvres
Je dépose un dernier « je t’aime »
Avant de nous quitter
L’un vers l’ouest et l’autre à l’est

L’œil de la sorcière
Il nous poursuit, moi et Juliette
Quand on sort, qu’on le traverse
Main dans la main le long des gouttières
Main dans la main comme deux âmes en rêves
Le cœur, le corps et le reste
Il me guette

J’abaisse le regard
J’abaisse le regard
Pour lui
Et non sur elle

L’œil de la sorcière
Comme le dernier repère
Un phare sans lumière
Pour les pèlerins à la prière
Pour y reconnaître
Qu’ici tout est à reproduire
L’amour, la peste et la guerre

L’œil de la sorcière
Me souffle des mots à l’oreille
Des histoires encore ouvertes
Pour clôturer le chapitre
Éteindre l’encensoir
Et tout, tout recouvrir
Le cœur, le corps et le reste
Il me guette
Il me guette

J’abaisse le regard
J’abaisse le regard
Pour lui
Et non sur elle

Tu t'éloignes

Ne reste pas plus d’une nuit, ne laisse rien pour l’aube
Que des épingles sur mon lit, nos attaches qui s’éparpillent
Et ce décor familier où j’apprends ton absence
Et les jours sans vent

Nouvelle journée, même schéma fabriqué
À attendre que tu reviennes entrer dans mon sommeil
À guetter les yeux clos, le sel sur ma peau
Les griffes de Matanuska

Tu t’éloignes

Je revis des semaines où je ne suis plus le même
Et nous serions au temps où tout était si facile
Toi et moi avant la dérive

Tu n’es plus qu’un signe à peine perceptible
L’ébauche d’un soupir et je pars dans le vide
Renvoyé par tes yeux

Tu dissimules la lumière, quelques minutes perdues de soleil
Tu désertes la bélandre, quand je rentre tu n’es pas là
Tu traverses les plaines où je ne peux qu’attendre
Ramasser la poussière, guetter que tu reviennes

Tu t’éloignes

Toi mon Indienne
Sur tes chevaux sauvages
Je ne sais plus rien de toi
De tes territoires de chasse

Nicoclash

Je veux fumer toutes les femmes
Je veux muer la braise en flammes
Je veux respirer les oxydes qui font mal
Je veux humer l’air sale
Sentir se consumer la gorge
Frémir aux toux bronchiosaures
Exhaler les fumées nocives
Me régaler à la nicotine

Je veux fumer…

Je veux fumer les portes et les fenêtres
Même s’il fallait les réduire en sciure
Je veux inspirer le fond des oubliettes
Je veux me vider d’air pur
Un dernier passage au goudron
Quitte à y laisser mes plumes
La douceur de la combustion
Le délice des agents de texture

Je veux fumer…another cigarette

Je veux brûler jusqu’à mon âme
L’écraser dans un cendrier
Explorer le tréfonds des caves
M’empoumoner d’air vicié

Je veux dîner dans le brouillard
M’endormir dans des draps grisâtres
Ne rêver qu’aux aldéhydes
Me lever dans la cendre froide
Je veux enflammer les champs de tabac
Je veux fumer toutes les forêts
Je veux t’enfumer les atmosphères
Je veux embrumer toutes ces étoiles

Je veux fumer…the last cigarette

Le gage et la Muse

Avant que tu n’oses prendre la pose
Laisser passer la lumière
Contre ta peau coule l’eau
Entre le ciel et la terre

Avant que tu ne fasses glisser tes bas
Le long de tes jambes
Quand tes mains juste à la fin
Remonteront sur tes hanches

Dis-moi quelque chose, parle-moi, écris-moi
Donne-moi ma dose d’images de toi

Avant que n’explosent les bouquets de roses
À l’aube en sourdine
Et qu’un matin peut-être demain
On ne trouve l’épine

N’attendons pas d’en venir aux mains
Restons épistolaires
Nul besoin de guetter la fin
Pour lever ce mystère

Dis-moi quelque chose, parle-moi, écris-moi
Donne-moi ma dose d’images de toi
Plus rien ne s’oppose à ne pas en rester là
Tu es muse, je suis prose, découvre-toi
Découvre-moi

An Dro du septième ciel

Un, deux, trois
Pour chaque jour
Qui passe sans extase
Quatre, cinq, six
Les chagrins d’amour
Autant pour les passades
Elle attend
L’ouverture du bal
Pour entrer dans la danse

En première ligne
C’est son style

Un, deux, trois
Elle s’abandonne
Dans un élan mystique
Après confesse
Et l’purgatoire
Quatre, cinq, six

En enfer
Brûler la première

Il y a tous ceux qui la freinent
Il y a les autres qu’elle traîne
Y a qu’un an dro qui l’emmène
Au septième ciel
Au septième ciel

Aura du sol
Elle laissera
Comme des milliers d’étoiles
Elle dessine
Des entrelacs
Qui l’entourent comme un voile

Dans son rythme
Éthérique

Il y a tous ceux qui la tiennent
Il y a les autres qu’elle entraîne
Mais y a qu’un an dro qui l’emmène
Au septième ciel
Au septième ciel

La gargouille

Je survis quand même
Lové à même la pierre
Mon âme se relève
Offert rouge, rideau noir
J’oublie le temps parfois
Tu m’oublies aussi souvent
Noyé dans les ornements
Statufié sur ce promontoire

M’aimeras-tu à nouveau, avant que je ne rouille ?
M’aimeras-tu avant que je ne sois qu’une gargouille ?

Tu me ranges dans ton décor
À tes trophées, tes victoires
Où je ne respire qu’à peine
Mon sang ne fait plus que deux tours
Et, par delà
Les pièces rapportées des boudoirs
Les galeries, les couloirs
Je me glisse sous les emplâtres

M’aimeras-tu à nouveau, avant que je ne rouille ?
M’aimeras-tu avant que je ne sois qu’une gargouille ?

Un jour tout ressemblera
À nos monts et merveilles
À la fin de mon sommeil
Après la foudre, après guerre
À l’ombre de la pierre
J’attends notre soleil

Les mondes barbares III

Amas d’impostures, guignols de dictatures
Bien-pensants du réseau, larves du like et du follow
À chacun sa tribu, l’autorité est gratuite
Les trompeurs crachent le show servi sur un plateau
Troupeau docile, cible facile

Car ceux qui causent, les bêtes qui hurlent
Aux obéissants dans les tribunes
Donnent le grand spectacle où les clowns
Gagnent leur perte la corde au cou

Reliefs de banquets, miettes du festin
Les débris pour le peuple, c’est mieux que rien
C’est l’époque des divisions
L’heure de la régression

C’est l’autre qui l’écrit, c’est pas lui qui le fait
Et je lui dis : « C’est çui qu’est mort qui est »
Y a plus d’autres secrets dans les programmes
Y a que des monarques aux Assemblées nationales

Noyés dans la masse, enfermés dans la nasse
Enrôlés de force dans les légions muettes
Aveugles et sourds au reste autour
Les chaînes aux poings, on acclame tout

C’est l’histoire des mondes barbares
C’est l’histoire de mon monde
C’est l’époque des nouveaux tsars
Sans révolution

Les sports truqués, les nouvelles du monde
Les bénéfices, les faillites
Les promesses, les mensonges, manipulations
Pourvu qu’il y ait du spectacle

Car ceux qui restent pour les vautours
Ceux qui tombent dans la course
Les écrasés, les écartelés
Les cordes aux cous, on regarde tout

C’est l’histoire des mondes barbares
C’est l’histoire de mon monde
C’est l’époque des nouveaux tsars
Sans révolution

À l'envi

Sans équivoque j’aime ton écriture
Glissée sous ma porte
Et j’abandonne mes yeux dans les tiens
Puis ta main dans la mienne
Alors s’envolent portés par le vent
Nos cœurs gonflés à bloc
Tout s’embrasse en un instant
D’un seul regard

À l’envi
À notre noce d’Alcée
À nos amours prêtées
À l’envi

Tout est un sourire
Que l’on se glisse
Dans le creux de l’oreille
Puis qu’on laisse mourir
Tandis que l’on s’effeuille
Tu es à moi comme un rêve au sommeil

À l’envi
À notre noce d’Alcée
À nos amours prêtées
À l’envi

Donne-moi cette valse
Permets-la-moi
Même si elle n’est qu’un rêve
Et ce bonheur-là
Tu le vois
Je le porte plus haut que le ciel
Tu es à moi, Alice, comme un pays de merveilles

Nos Ombres

Nos Ombres

Des corps

Des corps sauvages
Décortiqués
Qui se collent aux rivages
Les eaux secondes
Des corps glorieux
Comme l’orage qui gronde
Ces corps encroués
Si noirs d’ivoire
Figés dans les marais

Les laisser comme ça
Laissez les pendre
Les laisser sans voix
Aller s’étendre

Des corps en mouvement
Tous plaqués d’or
Qui se serrent en tremblant
Des corps découplés
Les cornes d’Ammon
Les écorces écorchées
L’écosse dessinée
Sur un corps nu
Les écores ensablées

Les laisser comme ça
Laissez les pendre
Les laisser sans voix
Aller s’étendre

Décore la terre
A la lumière
Des corps un temps
Le mors aux dents
Juste pour un temps
Crépusculaire

J'y crois encore

J’y crois encore parce que c’est toi demain
qui me porteras quand je ne pourrai plus
retrouver le feu que je crois avoir éteint,
lorsqu’à la dernière ascèse je me suis vu perdu.
Mais toi tu m’as gagné sans avoir combattu,
tu m’as repris perdu sur mon chemin
et depuis je ne traîne plus,
je ne lâche plus rien.

J’y crois encore

J’y crois d’abord parce que tout est derrière moi
sauf toi, sauve moi !
Je verrai de l’or là où on ne marche que sur du plomb,
des balles perdues que je prendrai pour toi…
À faire taire les révoltes, à calfeutrer ton monde,
À te garder juste pour elle et moi.
Et quand ils auront pris notre île, souillé nos horizons,
écrasé nos falaises, asséché les rivières,
on s’envolera bien haut
et on s’en ira là bas !
On s’envolera bien haut
et on s’en ira là bas…

J’y crois encore

J’y crois encore parce que ce n’est plus si loin,
que la prochaine marée nous emportera.
Parce que tout nous sera permis demain,
tout nous sera acquis, tout sera à toi :
Le rêve, que j’ai gardé serré entre mes poings
en attentant que tu le prennes pour toi.
On s’envolera bien haut
et on s’en ira là bas

La toile

Je dessine et j’imprime une courbe entre tes lignes,
du bas vers le haut.
Puis je prends du recul je ferme un œil
pour faire le point de vue.
Des points de fuites, des perspectives,
l’ébauche se précise.
Une plume un pinceau, une brosse, un rouleau,
mais d’abord préparer la toile.

La toile, l’étoile

Les volumes suggérés d’une traînée de bistre,
suivant la chute du dos.
La sanguine brûlée pour creuser le trait
qui enlace la taille.
Lavis tracé puis étalé
tout au long des jambes.
Rompues, lavées, rabattues, saturées,
les couleurs s’annoncent.

La peau l’épaule

Nous oublierons vite les histoires d’amour,
pour celles de la pose.
Une caresse vernie, un tableau en abime,
éphémère épiderme.
À chaque regard par-dessus ton épaule,
tu te souviendras
de mes mains fiévreuse, amoureuses, colorées
sur la toile.

Nos ombres

Je ne touche plus rien.
J’effleure à peine du bout des doigts.
La crainte digitale de me brûler
aux signes d’écriture enfouis dans nos ombres.

Aux vertiges sournois des altitudes perdues
suivent les interlignes menaçantes, aigrises.
Le ciel a perdu sa superbe d’hier,
c’est l’hiver assurément qui réveille nos ombres.

Et la nuit nous renvoie écorchés
Et la nuit nous ramène accrochés à nos ombres

À la couleur de tes yeux d’aimante
attirés par les enluminures,
Brûle toujours l’incandescence
des blessures ré-ouvertes par nos ombres

À trop creuser le sol des griffes et des ongles
sans rien trouver d’autre que quelques ombres,
on s’éblouit aux nouvelles lumières,
on cligne des paupières pour revoir nos ombres.

Et la nuit nous renvoie écorchés
Et la nuit nous ramène accrochés à nos ombres

Viens à mes côtés, rapproche toi un peu plus,
prends ma main ce ne sera plus long.
C’est certain (qu’on y voit plus clair) mon Amour.
Il ne reste plus rien de nos ombres.

Je rôde

Par là je danse dans une ronde folle,
agrippé , entraîné par la farandole.
On me touche, me caresse, ivresse me console,
alors plus de bruits, de cris de paroles.
Je suis jouet au bord de l’explosion,
détonateur, prêt à la percussion.
sécurité désenclenchée,
lancé jeté retombe irradié.

C’est ici que je me sauve.
C’est ici que je rôde.

En bas, si bas, on rampe chair à chair.
Dans les étages inférieurs, dans les fourmilières.
Tout est tactile, loin des lumières.
Qu’on ne me touche plus je cherche l’air.
Si haut déjà je suis sang et douleur
à corps perdu, affreuse chaleur.
Ossuaire et sueur.
Ô sueur et suaire.
Vivre enfin cette dernière heure.

Mal m'en a pris

Je cours souvent après la pluie,
à travers champs pour tromper l’ennui,
quand j’ai serré trop fort
mes mains autour de son corps.
Elle reste des heures allongée par terre,
regardant les nuages, la tète à l’envers.
Personne ne peut comprendre,
ô combien nous fûmes tendres.

Mal m’en a pris

Il riait souvent de ce jeu là,
les cordes autour des bras :
« serre plus fort si tu m’aimes,
jusqu’à ce que cela saigne ! ».
Maintenant qu’elle est toute seule,
elle regarde couler le fleuve.
J’oublie son regard vide,
quand j’ai lâché ma prise.

Mal m’en a pris

Les cordes de l’amour, que je déroule
et son sang coule. Innocence coule

Il ne nous reste que ça

Dans ma vie elle s’immisce
cette mélancolie douce
qu’on trouve dans les chansons tristes,
les chansons d’amour.
Et quand le brouillard s’étire,
que la brume nous entoure,
qu’on tâtonne le meilleur, le pire,
qu’on avance au jour le jour.

Goûter à ce qui reste libre,
presqu’à la fin du parcours
où on cherche comment se dire,
que rien n’est fait du tout.

Il ne nous reste que ça

Alors on oublie qu’il faut choisir,
que tout se ferme autour,
qu’à droite, à gauche tombent les grilles,
qu’aller est plus simple que le retour.

Et la pluie martèle les vitres,
son parapluie sous l’abat-jour.
Que c’est l’aube qu’on déchire
comme une feuille de soie rouge

Il ne nous reste que ça

le papier d’Arménie qui brûle ensuite
comme un dernier feu d’artifice.

Je dors un peu quand elle est partie.
Je rêve toujours quand elle est partie.
Je meurs un peu quand elle est partie.
J’attends son retour quand elle est partie.

Morgane

Les matins sont longs, Morgane,
au loin, il se dit que la paix est faite.
Mais tant qu’ici on ne sent, Morgane,
ni la victoire ni la défaite

On se terre, on s’enroule dans nos bras,
les temps sont durs, la boue s’enflamme.
Sous les feux, dehors le bruit des pas,
pourvu que je te sente Morgane.

Les nuits sont paisibles, Morgane,
quand ni la haine, ni la peur ne nous atteignent.
Parce qu’on pourrait se dire, Morgane,
qu’un refuge se suffit à lui-même.

Ce n’était ni mon combat, ni ma déchirure.
Ce ne sera pas ma gloire, mais mes blessures.

Loin des croisades, loin de l’arène,
hors d’atteinte, hors d’état de nuire.
Juste quelques fils nous retiennent
parmi les flots et les ruines.

On ne connaît même plus la peur, Morgane,
juste du dégoût, qu’on oublie vite.
Une nouvelle période glaciale,
« Aux armes » criait-on sous nos vitres.

Des coups de bélier, des coups de butoir,
des coups de tête, des brèches ouvertes.
Des coups de feu, des éclairs, des couloirs,
pourvu que je te sente, Morgane.

Ô cibles

Ô cibles inaccessibles,
qu’on avance, qu’on avance…
Ô cibles inaccessibles,
qu’on désigne, qu’on balance.
Les sémaphores, les sémaphores.
Ô cibles inaccessibles,
qu’on avance, qu’on avance.
Laissez-moi vendre.
Laissez-moi pendre.
Laissez-moi fendre.
laissez moi fendre la foule.

Ô cibles inaccessibles,
qu’on avance, qu’on avance…
Laissez-moi me dire
tout le mal que j’en pense.
On avance on avance,
aussi loin qu’on le peut.
Laissez-moi pendre.
Laissez-moi pendre.

C’est une chasseresse
qui m’a blessé au premier regard.
Juste avant que je ne la laisse
franchir un dernier rempart.

C’est sans délicatesse
qu’elle m’a laissé pour mort sans armes.
Quand elle s’est prise d’allégresse,
victorieuse au bord des larmes

Essai manqué (version 2)

Il n’y a même plus une trace de toi
qui traîne entre ces quatre murs.
Tant et si bien que je ne suis plus sûr
de t’avoir eu au bout des doigts.
Je ne trouve plus ces endroits
où raviver ces blessures
qu’on avait laissées béantes
sur un dernier cri d’effroi.

Tout n’aura été que manqué.
Tout n’aura été qu’un essai.
Tout n’aura été qu’abîmé.
Tout n’aura été que manqué.

Et toutes ces histoires que je me raconte encore.
Des créatures à moitié nues qu’on ose me faire miroiter,
le long des murs, dans la fange qui coule sous mes pieds.
Mais sache que si tu revenais je ne voudrais même pas de toi.
Je t’oublierai coûte que coûte même si je dois en crever.

Et le vent qui claque dans les voiles,
les trombes d’eau qui fendent la mature.
C’est à cette heure qu’on sombre,
qu’on dérive sans mesure.

Tout n’aura été que manqué…

D-Kors libres

Tout s’éclaire tout se désespère,
qui s’aimait, se déteste.
Et je te reperds,
À la trappe aux oubliettes.
On a cédé je m’en rappelle,
Le mal qu’on s’était fait

Âmes captives mais corps libres

Ce sont les vents d’hiver,
qui me tournent la tête.
Les opacités grises
et je te regrette.
On se sera manqués
d’un rien peut-être.

Âmes captives mais corps libres

Il sera d’autres clairières
à renaître,
car on n’est que ceux qu’on aime,
comme rien ne nous élève.
Cet amour oublié
qui brûle derrière.

D'OueST

d’OueST

Dans la nuit (Version 2)

Vous entendiez sonner le couvre feu
à moins que ce ne soit le glas.
Pour l’heure ou se noient ces lumières.
Dans la nuit.

Comme si vos vies étaient en jeu
pour des rêves que vous ne vivrez pas.
Dans le silence des prières.
Dans la nuit.

Est ce qu’on peut mourir pour si peu
ou s’interdire cette envie là.
Pour un séjour au cimetière.
Dans la nuit.

Mais qui nous regarde au fond des yeux,
qui nous souffle un vent si froid ?
Derrière l’ombre des meurtrières.
Dans la nuit.

Nicoclash

Je veux fumer toutes les femmes
Je veux muer la braise en flammes
Je veux respirer les oxydes qui font mal
Je veux humer l’air sale
Sentir se consumer la gorge
Frémir aux toux bronchiosaures
Exhaler les fumées nocives
Me régaler à la nicotine

Je veux fumer…

Je veux fumer les portes et les fenêtres
Même s’il fallait les réduire en sciure
Je veux inspirer le fond des oubliettes
Je veux me vider d’air pur
Un dernier passage au goudron
Quitte à y laisser mes plumes
La douceur de la combustion
Le délice des agents de texture

Je veux fumer…another cigarette

Je veux brûler jusqu’à mon âme
L’écraser dans un cendrier
Explorer le tréfonds des caves
M’empoumoner d’air vicié

Je veux dîner dans le brouillard
M’endormir dans des draps grisâtres
Ne rêver qu’aux aldéhydes
Me lever dans la cendre froide
Je veux enflammer les champs de tabac
Je veux fumer toutes les forêts
Je veux t’enfumer les atmosphères
Je veux embrumer toutes ces étoiles
Je veux fumer…the last cigarette

Les naufrageurs

Les élans stoppés sur la ligne
Sur l’entaille béante
La chute lente assassine
Des cargos qui s’éparpillent
Ce n’est pas parce que l’on sent lasse
Ce n’est pas parce que l’on sent fuit
Ce n’est pas parce que l’on sent passe
Tu m’as vu tant de fois faiblir

Avancer en long
Annoncer les trombes d’eau
Sombrer en fond
De cale jusqu’au pont
Et puis le silence…

On dérivera ou tu voudras
Même si ce ne sera qu’un répit
Jusqu’à ce que sortant des brisants
Viennent à nous les naufrageurs

Les étendards brandis à bout de bras
En berne quand on se résigne
À voir défiler les mille et une nuits
Les îlots perdus qu’on nous torpille

On se noiera sans même se voir
Sous les assauts répétés
Aux couleurs des terres lointaines
d’où viennent les naufrageurs

En Bretagne

Mais moi je me resterai fidèle
Enraciné au bord de vos routes
Insensible au monde qui défilera
Car je suis de ceux,
je suis de ceux qui ne partiront qu’une fois en Bretagne

Il avait de l’eau salée dans le sang
et son cœur battait au rythme des marées.
Il voulait hisser les voiles au vent
même sans savoir nager en Bretagne.
Il avait les yeux si verts,
qu’on le croyait venu d’Irlande.
Mais de son lieu de naissance
on n’en avait que faire en Bretagne

Il avait les cheveux si blancs,
qu’on le pensait bien centenaire.
Mais devant l’avis des pauvres gens
il répondait qu’il avait trente ans en Bretagne.

Puis un jour on ne le vit plus,
on se dit qu’il était enfin parti.
Mais on retrouva son corps pourri
Sous l’essieu d’un train en partance pour la Bretagne

Tant Pis

Allez viens comme on se laissera porter
Qu’on embrassera les pierres sans les toucher
Allez viens le vent soufflera de notre côté
J’ai passé tant d’heures
Sur les pavés d’ici ou d’ailleurs
Et je n’ai plus rien à voir
Que tes yeux dans le noir

La lumière grise des villes humides
Où chaque jour immobile trace une nouvelle ride
Juste un silence dans les bruits qui défilent
J’ai tant de fois entendu
Soupirer les foules dans les rues
Et je n’ai plus rien à entendre
Plus rien à entendre

Et quand il ne me restera plus rien à boire
Que je crèverai desséché sur un bout de comptoir
Et que toi, toi, tu crèveras devant un éclat de miroir
Alors là on pourra pleurer sur notre sort
Et se dire ça aurait pu être mieux encore

Mais tant pis.

Louise

Louise, elle voit s’arracher les heures
soumises aux lois de l’apesanteur.
Louise, elle vole et se voit couchée.
Sourire aux lèvres et les yeux fermés.
Elle entend des voix
en m’embrassant, en m’enlaçant.

Louise, elle signe ses amours en rebelle.
Elle glisse entre les lignes un peu de son herbier.
Louise, elle rêve d’étreintes forestières ;
d’eaux vives, de clairière à la mousse détrempée.
Elle est nymphe des forêts
en m’embrassant, en m’enlaçant.

Elle n’écoute que ça
Mais elle n’entend que moi.
Elle ne regarde que ça.
Mais elle ne voit que moi

Louise, elle coupe sa respiration,
inspire un temps et compte les secondes.
Louise, elle n’aime que l’amour en apnée,
s’assure encore du bon respect des règles :
Que je m’arrête de respirer
en l’embrassant, en l’enlaçant.

Louise elle sème ses amours d’été
que je ramasse derrière elle
en l’embrassant, en l’enlaçant

Noël...Rouge, Vert, Blanc

Si je me dis blanc et rouge,
les liens du sang…
Si je te dis rouge vert blanc,
même l’hiver fait grise mine.
Si je te dis sucre et cannelle,
marché de Noël.
Si je me dis capitale,
marées humaines !
Si je me pense en décembre,
je m’enferme, jusqu’au mois de janvier

Je laisserai quand même
au pied d’un sapin mort,
une marque dans la poussière
pour une fille, un fils imaginaire

Si je me dis rouge, vert, blanc,
nuits illuminées…
Si je me dis rouge et blanc,
œil pour œil, dent pour dent !
Si je te dis guirlandes ternies,
paupières lasses.
Si je me dis rouge et vert,
tes rêves que je piétine !

Si je me pense en décembre, je m’enferme.
Si je te pense en décembre, je t’enferme !

Matins de Mer (à terre)

Moi j’entends, l’océan qui m’appelle
Moi je sens le relent des marées
À des kilomètres du sable mouillé
Moi je rends mon âme aux embruns
Marins de terre

J’ai vécu les pieds dans la poussière
Jusqu‘à ce que je n’entende chanter la mer
Elle était pure comme ma vie
Elle était belle comme mon ennui
Marins de terre

Alors je lève les voiles sur ma vie
Je lève l’ancre au dessus des champs de blé
Je m’envole au dessus des vallées
Moi je veux revenir aux embruns salés

Et même si les vents sont contraires
Moi je garderai le cap vers l’ouest
Je ferai front à toutes les tempêtes
Pour revenir aux embruns des marées

Les Moissonneuses

Tu tournes la tête du côté des hautes moissonneuses.
N’oublie pas, la mort a fauché même les semeuses.
Tu restes toujours le même…

Alors tu rejoins la nuit, plus sombre dure amère aussi.
Comme si tes rêves pouvaient faire tomber la pluie.
Tout reste toujours de même saveur…

L’air était sec à faire se changer les serpents en pierre.
D’un désert de vastes cultures jusqu’aux lointaines falaises.
Tout reste tellement pareil…

Tu avais jeté un sort aux ondes évaporées.
Pour de leur agonie faire cicatriser tes plaies.
Tu meurs de chaleur !
Et tu sacrifies aux déesses floues des canicules.
Tes naissances avortées aux autels abandonnés.
Brûlants de poussière.
Alors tu cherches des yeux perdus dans l’horizon nu.
Les tourbillons fous des ondées en crue.
La pluie, ton salut…

Tu avais tourné la tête du côté des hautes moissonneuses.
Et des silos à grain comme autant de repères.
Tout reste toujours pareil.

Tellement mieux comme ça (Chant IV)

Laisse-moi partir d’abord
Même si je n’irai pas plus loin sans toi
Un tour complet une marche lente
Et j’abandonne le premier printemps

Laisse-moi fleurir encore
Le chemin auquel on tourne le dos
Un pas silencieux et je m’arrête là
Le temps que je ne vois plus que l’horizon

L’essence même des pétales fanés
L’eau évaporée, la terre asséchée

Oscille dans la brise, le bruissement des feuilles
S’effile dans le vent, ce ne sera jamais mieux que ça

Laisse-moi chérir encore
Ce détour qui n’aura plus de sens
Les derniers lacets avant la descente
Et je m’effondre juste au sommet

Laisse-moi regarder encore
Les ricochets faire des ondes lentes
Qui viennent s’étendre et soupirer
En espérances de l’autre côté

La danse même des pétales fanés
L’eau évaporée, le printemps sans effet

Laisse-moi mourir d’abord
Voir si j’ai fait le tour des saisons
Le tour complet, une marche lente
Et je me donne au premier printemps

L’essence même des pétales fanés
L’eau évaporée, la terre asséchée

Oscille dans la brise, le bruissement des feuilles
S’effile dans le vent, ce ne sera jamais mieux que ça

En Fuite

Des villes où tout se prépare, se fane
Des rues sans nom, sans jamais une fin
Pour un solitaire, dernier drame
L’adieu enfin

Et ces visages enlaidis de larmes
Derrière au bout de l’unique chemin
Qui lâchent et crachent en une flamme
L’adieu enfin

En fuite

Ciu dades que pena
Calles que ira
Aya montes seva
Despedidas

Est-ce que ce sont des éclats de verre
Qui crissent sous ses pas
Ou encore des morceaux de terre
Qui lui collent aux doigts

Dans les entrelacs de tôle froissée
Dans les silences d’après fracas
Pour un virage accéléré
L’Adieu enfin !

En fuite

Tout ça pour rien

Et alors on oubliait le temps qui passe
Connectés sur la même longueur d’onde
Et on ne changeait plus de place
Tellement les nuits étaient longues
À la manière des vagues en surface
Tes cheveux défaits dans la lumière blonde
À attendre que la nuit s’efface
Devant nos nouveaux mondes

Mais tout ça est si loin
Mais tout ça pour rien

Un an, deux ans, trois, quatre peut-être
Au faîte des falaises ou au fond des lacs
Qu’est-ce que cela peut bien te faire
Quand tu n’y vois plus que des flaques
À croire qu’on a tout pu connaître
À se foutre de tout
Sans même un regard en arrière

Mais tout ça est si loin
Mais tout ça pour rien

Pour entendre frémir les murs
Et sentir tout trembler autour
De voir le plafond qui s’ouvre
Et n’entendre que tes murmures

Indémodiable

IndémodIable

L'amour en sangles

Alors que tombe la brume,
abrupte la faille du soir.
Elle me revient en brune
si brute entaillée d’espoir.
Pars les nuits de mi-lune,
elle arpente les contreforts.
La première enceinte aux dunes,
elle se perd, les dévore.

Je ne sais où elle part si souvent.
Je ne sais que ses yeux ouverts en grand.
L’amour en sangles, l’amour ensemble…

Si elle caresse l’écume,
qu’elle épouse le sable.
En attendant elle allume
des flammes multicolores.
De la peine qu’elle consume,
des charmes lancés des sorts.
Ecrits dans ses coutumes,
la foudre, la mandragore.

Je ne sais ou elle va si souvent.
Je ne sais que ses yeux ouverts en grand.
L’amour en sangles, l’amour ensemble…

Si elle prédit ma fortune,
ce ne sera qu’après ma mort.
Maudissant à titre posthume
les amours de métaphore.
Lorsqu’elle quitte son costume,
l’âme vengeresse au corps,
dans la bruine, vêtue d’une plume,
Elle ouvre les bras et s’envole.

Die Brücke der Gehängten

Wir warfen unsere liebe
Über die brücke der gehängten
Und blieben da bis zum nächsten tag
Um unseren traümen
Beim ertrinken zuzusehen
Um uns noch einmal zu belügen
Du hast als letzter,
Das nahe ende gefühlt
Du hörtest die tânzer weinen

Ermorde mich!
Entlaste dich!
Begnadige mich!
Verlurteile dich!

Sie sagen, dass die leute
Gut und mutig sind
Wahrend alle sich / niederwerfen
Die schlachtfelder sind voll
Mit schönen, jungen männern
Alle in der abendsonne gestorben
Und alle ihre kinder
Werden im kreis tanzen
Um neue verbrechen zu erleben

Ein tag wird kommen
Da offnen wir den weg
Um unseren traümen nachzugehen
Wir warfen unsere körper
Über die brücke der gehângten
Und schwammen bis zum ufer.

Le jardin du diable

Dans le jardin du diable
je cultivais les fleurs du mal.
J’émorfilais mes armes
pourpres a mon sang, à mes larmes.

Dans le jardin d’Eden
des anges étalaient leurs ailes
aux couleurs des éthers.

Dans le jardin du diable
se répandait mes humeurs sales
noires et visqueuses comme le sable.
Brûlant mes yeux, à sa flamme.

Dans le jardin d’Eden
les arbres aux reflets vermeil
aux lumières attendant que je ne revienne

Dans le jardin du diable…

« Bienvenue cher convive prend part au festin a côté de moi…
À ce qu’on murmure dans mes coursives
tu donnes ton âme a qui la voudra…
Mais c’est ton cœur que je veux aujourd’hui
pour en nourrir chacune de mes envies !
Ne me fait point attendre : Glisse la lame sur la pente. »

A la table du diable
je laissais mon cœur a défaut de mon âme.
Franchissant la porte aux entrailles,
dans la pénombre tant d’extase.

Dans le jardin d’Eden
que je ne reverrais plus,
les anges pliaient leurs ailes.
A demain !

Lydia

Le premier qui se lève s’en va trop vite
claquant la porte avant le silence.
Mais Lydia n’oublie pas qu’avant de se connaître
il faudra laisser passer bien des nuits.

Le premier qui quittera prendra l’avantage
d’être intouchable avant la blessure.
Mais Lydia n’oublie pas qu’avant de se haïr
il y aura encore tant d’étreintes.

Tout ce qu’on glisse… et puis plus rien.
Tout ce qui nous glisse entre les mains.
Lydia parfois j’y repense

Le premier qui se déclare ne le pense pas,
des mots en vain avant le silence.
Mais Lydia n’oublie pas qu’avant de s’aimer
il se peut qu’on ne dise rien.

Le premier qui se livre perd ses défenses
seulement un temps avant la vengeance.
Mais Lydia n’oublie pas combien tu peux compter,
combien tu peux manquer aussi.

Le premier qui fatigue ne se relève pas,
un dernier regard avant la souffrance.
Mais Lydia souviens toi de ces moments tendres
car le reste est déjà presque oublié…

Tout ce qu’on glisse… et puis plus rien.
Tout ce qui nous glisse entre les mains.
Lydia parfois j’y repense

Vincent ECKERT Goutte à Goutte

Goutte à Goutte

Dans la nuit

Vous entendiez sonner le couvre feu
à moins que ce ne soit le glas.
Pour l’heure ou se noient ces lumières.
Dans la nuit.

Comme si vos vies étaient en jeu
pour des rêves que vous ne vivrez pas.
Dans le silence des prières.
Dans la nuit.

Est ce qu’on peut mourir pour si peu
ou s’interdire cette envie là.
Pour un séjour au cimetière.
Dans la nuit.

Mais qui nous regarde au fond des yeux,
qui nous souffle un vent si froid ?
Derrière l’ombre des meurtrières.
Dans la nuit.

The edge (Noir)

Couché de tout mon long,
le regard tourné vers le ciel.
Et ma rage qui résonne au fond
des échos qu’il me reste d’elle.
Mais c’est ce souvenir qui m’entraîne
à courir sans m’arrêter,
à courir à m’exploser les veines,
sans l’envie de me retourner.

Je ne m’arrêterai plus au meilleur.
Je ne lui ferai voir que le pire.
Je la laisserai à ses pleurs
en la gratifiant d’un sourire.
Mais chérie ne vous lamentez plus,
mes pieds ont déjà quitté le sol
depuis deux voire trois jours tout au plus.
Et c’est enfin mon âme qui s’envole.

Alors qu’elle me laisse être si noir.
Alors qu’elle ne cesse d’être si noire…

Et ces liens qui se font et se défont
mon regard maléfique qui vous transperce.
Il ne restera qu’une marque sur votre front
car l’heure a sonné de notre perte.

Goutte à Goutte

Quelquefois ce sont d’autres temps
qui se glissent entre toi et moi,
L’imparfait le présent, le futur.
Il y a aussi ce qu’on ne manque jamais de se dire :
Je t’aime, ou je te prends, je te quitte.
Et encore ces silences qu’on ne brise que de doutes
comme avant nos défenses au goutte à goutte.

Un souffle régulier on se laisse envahir
par des mots, des pensées, une marche à suivre.
La lumière sera en un unique prolongement
la trace d’un éclat, sur le moment.
Et toujours ces soupirs et caresses dissoutes
comme autant de rêves au goutte à goutte.

Et puis il y a ce jour, ou tout se dérègle.
Las que tout se noue par des défaites.
Il nous reste quoi des allers retour,
sans doute encore un peu d’amour.
Des règles de guerre qu’on laisse derrière,
des campagnes meurtrières
où les blessures saignent goutte a goutte.

Les années passent, on se retrouve,
Comme on s’était laissé avant.
Au fond finalement, rien ne bouge.
On s’aime, on se prend, on ne se quitte plus.
Et ce qu’on pardonne, ce qu’on abandonne,
distillé toujours au goutte à goutte.
On ne se lasse de rien.
On ne se passe de liens.

When U were gone (Puisqu'elles dorment)

Et si je ne me sentais plus le même
depuis que tout m’a rattrapé
Comme si en pleine course j’étais freiné
par une chaîne qui se tendait
J’abandonnerai les murs sans couleurs
J’oublierai les signes avant-coureur

Si elles dorment…

Je me rappelle cette attache sur le mur
qui me ramène dans ma cellule
où je me calfeutre chaque jour
un peu plus dans le noir
Les toits enneigés sous un ciel de plomb
Les mots empalés dans le dédale des rues

Puisqu’elles dorment…

Et chaque nuit quand je me réveille
je me demande si cette vie sera la dernière
Un paradis ou un enfer
Un signe avant-coureur

Essai manqué

Il n’y a même plus une trace de toi
qui traîne entre ces quatre murs.
Tant et si bien que je ne suis plus sûr
de t’avoir eu au bout des doigts.
Je ne trouve plus ces endroits
où raviver ces blessures
qu’on avait laissées béantes
sur un dernier cri d’effroi.

Tout n’aura été que manqué.
Tout n’aura été qu’un essai.
Tout n’aura été qu’abîmé.
Tout n’aura été que manqué.

Et toutes ces histoires que je me raconte encore.
Des créatures à moitié nues qu’on ose me faire miroiter,
le long des murs, dans la fange qui coule sous mes pieds.
Mais sache que si tu revenais je ne voudrais même pas de toi.
Je t’oublierai coûte que coûte même si je dois en crever.
Et le vent qui claque dans les voiles,
les trombes d’eau qui fendent la mature.
C’est à cette heure qu’on sombre,
qu’on dérive sans mesure.

Tout n’aura été que manqué…

Tellement mieux comme ça (Chant I)

Il ne faudrait pas qu’on cède
Aux erreurs qui nous précédent
Car on n’aime que ceux qu’on rêve
Et c’est un rien qui nous élève
Il ne faudrait pas qu’on nous réveille
Ou seulement qu’on nous laisse croire
Que ceux qui s’aiment sont sans pareils
Qu’on se voit dans le même miroir

Je ne crois plus en ces appels
Je ne crois plus en ces attentes
Je ne crois pas dans les je t’aime
Je ne crois qu’en ton absence
Tu me manques
Tu me mens

Il ne faudrait pas qu’on se rapproche
Même si ça nous brûle si fort
Avant qu’on ne se raccroche
A n’être plus rien l’un sans l’autre

Le mal qu’on se fait
Car il est déjà bien trop tard
Mais se damner un dernier soir
Ne plus se réveiller

Allez détourne ton regard
C’est tellement mieux comme ça
Allez rentre sans retard
C’est tellement mieux comme ça
J’ai si mal de ne plus te voir
C’est tellement mieux que ça

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La poésie, qu’est-ce que c’est ? Nous n’en savons rien, ni vous ni moi.
Je dirai que ce n’est finalement qu’un « truc » qui tente de sublimer tous les arts référencés comme tels. Mais c’est surtout une porte offrant la possibilité à tout un chacun de découvrir la belle distanciation, d’arpenter aisément un chemin rocailleux le long duquel les petits deviennent grands.
Qu’est-ce qu’un poète ? Nous n’en savons rien, ni vous ni moi.
Je dirai avec modestie que c’est quelqu’un qui dispose d’une clé pour détruire toutes les barrières, d’ouvrir les frontières de la perception.
Vincent Eckert est un artisan dévoué corps et âme à la poésie, un poète, un vrai.
Pourquoi ?
Parce que ses mots sans artifice nous emmènent par-dessus les montagnes, parce qu’ils créent en nous des images aussi réelles que fantasmées, parce que leur rythme danse une Jig qui   pardonne nos immobiles, parce que leur architecture métamorphose nos ruines en espérances, parce que leur musicalité fredonne un air d’oxygène.

Admirable Nelson.